Centre national des tests psychotechniques pour la récupération du permis de conduire

Permis suspendu pour stupéfiants : que faire et comment récupérer son droit de conduire ?
Guides 8 juin 2026 6 min de lecture 13 vues

Permis suspendu pour stupéfiants : que faire et comment récupérer son droit de conduire ?

Contrôlé positif aux stupéfiants, votre permis a été retenu. Tolérance zéro, retrait de 6 points, suspension jusqu'à 1 an et commission médicale obligatoire : voici toutes les démarches pour récupérer votre droit de conduire en 2026.

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Vous avez été contrôlé positif aux stupéfiants au volant et votre permis a été retenu sur place. La suite des événements — suspension, démarches, délais — peut sembler floue. Ce guide vous explique exactement ce qui vous attend et comment récupérer votre droit de conduire.

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Stupéfiants au volant : la règle de la tolérance zéro

Contrairement à l'alcool, qui fait l'objet de seuils légaux, la conduite après usage de stupéfiants obéit à une règle de tolérance zéro. La simple présence de THC, de cocaïne, d'amphétamines ou d'opiacés dans l'organisme suffit à caractériser l'infraction — même à l'état de traces, même sans altération visible des facultés, et même si la substance a été consommée plusieurs jours auparavant.

Le dépistage peut intervenir lors d'un contrôle aléatoire, après un accident, ou sur simple soupçon des forces de l'ordre. Il débute par un test salivaire, suivi d'une analyse sanguine en laboratoire qui fait foi juridiquement.

Que se passe-t-il immédiatement après le contrôle ?

Si le test salivaire est positif, votre permis fait l'objet d'une rétention immédiate pouvant aller jusqu'à 120 heures, le temps d'attendre les résultats des analyses sanguines en laboratoire.

Si les analyses confirment la présence de stupéfiants, le préfet du département prononce dans les jours suivants une suspension administrative du permis pouvant aller jusqu'à 1 an. Cette mesure intervient avant tout jugement pénal.

Quelles sont les sanctions pour conduite sous stupéfiants ?

La conduite après usage de stupéfiants est un délit passible de 3 ans d'emprisonnement et 9 000 € d'amende, avec un retrait automatique de 6 points sur le permis. Le juge correctionnel peut également prononcer une suspension judiciaire jusqu'à 5 ans, voire une annulation du permis avec interdiction de le repasser pendant 5 ans maximum.

À noter : aucun aménagement de peine dit « permis blanc » n'est possible pour raisons professionnelles en cas de suspension pour stupéfiants.

Nouveau depuis juillet 2025 : le délit de cumul alcool + stupéfiants

La loi du 9 juillet 2025 a créé un délit autonome pour le cumul alcool et stupéfiants au volant. Si vous êtes contrôlé positif aux deux en même temps, les sanctions maximales passent à 5 ans d'emprisonnement et 15 000 € d'amende, avec un retrait de 9 points.

Pour tout savoir sur les spécificités de la suspension pour alcool, consultez notre article sur la suspension de permis pour alcool.

Comment récupérer son permis après une suspension pour stupéfiants ?

La récupération du permis après une infraction liée aux stupéfiants suit un parcours spécifique et plus exigeant qu'une suspension classique.

Étape 1 : Le test psychotechnique

Le test psychotechnique est obligatoire pour toute suspension égale ou supérieure à 6 mois. En pratique, pour les infractions liées aux stupéfiants, il est systématiquement requis par la commission médicale.

Ce bilan se déroule dans un centre agréé par la préfecture. Il dure environ 45 minutes et comprend un entretien avec un psychologue et des exercices sur simulateur évaluant votre temps de réaction, votre attention et votre coordination. Le résultat vous est remis le jour même et est valable 2 ans.

Passez ce test dès que possible : les délais pour obtenir un rendez-vous en commission médicale atteignent souvent 4 à 8 semaines, et tout ce qui est anticipé raccourcit d'autant votre délai global de récupération.

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Pour tout comprendre sur son déroulement, consultez notre guide complet sur le test psychotechnique du permis.

Étape 2 : Les bilans biologiques

Contrairement aux suspensions pour alcool (qui nécessitent un bilan sanguin Gamma GT / VGM / CDT), les infractions liées aux stupéfiants imposent une analyse d'urine pluritoxiques recherchant la présence de THC, cocaïne, opiacés et amphétamines. Ces résultats doivent dater de moins de 15 jours au moment de la commission médicale. Comptez entre 50 et 150 € selon les analyses prescrites.

Étape 3 : La commission médicale primaire

Pour toute infraction liée aux stupéfiants, le passage devant la commission médicale primaire de la préfecture est obligatoire. Cette commission, composée de deux médecins agréés, évalue votre aptitude médicale à reprendre le volant. Un médecin agréé de ville ne suffit pas dans ce cas.

Le délai pour obtenir un rendez-vous varie de 4 à 8 semaines selon le département — parfois davantage en période chargée. Le coût est de 200 à 300 €, non remboursé par la Sécurité sociale.

La commission rend un avis favorable, favorable avec restrictions ou défavorable. En cas d'avis défavorable, un recours est possible dans les 2 mois. Pour tout savoir sur le déroulement de cette étape, consultez notre article sur la visite médicale du permis de conduire.

Étape 4 : La demande sur l'ANTS

Une fois l'avis favorable obtenu et la période de suspension expirée, vous pouvez déposer votre dossier sur permisdeconduire.ants.gouv.fr. Initiez cette démarche au moins 7 jours avant la fin de votre suspension : le délai de traitement est d'environ 2 semaines. Les frais de fabrication du titre s'élèvent à 25 €.

Combien coûte la récupération du permis après stupéfiants ?

  • Test psychotechnique : 70 à 150 € selon le centre

  • Bilans biologiques (urine pluritoxiques) : 50 à 150 €

  • Commission médicale primaire : 200 à 300 €

  • Fabrication du titre (ANTS) : 25 €

Le budget total se situe entre 350 et 650 €, hors éventuels frais d'avocat si vous contestez la suspension judiciaire.

Peut-on conduire pendant la suspension ?

Non. Conduire pendant une suspension pour stupéfiants est une infraction pénale grave, passible de 2 ans d'emprisonnement et 4 500 € d'amende, d'une annulation du permis et d'une interdiction de le repasser. En cas d'accident, les conséquences sur votre assurance peuvent être désastreuses.

CBD au volant : attention au test positif

Le cannabidiol (CBD) est légal en France et ne provoque pas d'effets psychoactifs. Pourtant, certains produits CBD peuvent contenir des traces de THC suffisantes pour déclencher un test salivaire positif lors d'un contrôle routier.

La loi ne fait aucune distinction : si le test détecte du THC dans votre organisme, vous êtes en infraction — même si vous n'avez consommé que du CBD, même sans altération de vos facultés. Seule l'analyse sanguine en laboratoire peut éventuellement révéler un taux infime, mais cela n'exclut pas automatiquement les poursuites.

Si vous consommez du CBD régulièrement, il est fortement conseillé de choisir des produits certifiés sans THC détectable (taux < 0,3 %) et de conserver les certificats d'analyse en cas de contrôle.

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Peut-on contester la suspension administrative ?

Oui, la suspension administrative prononcée par le préfet peut être contestée devant le tribunal administratif dans un délai de 2 mois à compter de la notification de la décision. Vous pouvez également demander en urgence la suspension de la mesure au juge des référés.

Toutefois, le recours ne suspend pas automatiquement la mesure : vous restez interdit de conduire pendant la procédure, sauf si le juge des référés ordonne expressément la suspension en urgence. Dans la grande majorité des cas, les préfets respectent les procédures légales et les recours aboutissent rarement à une annulation. L'assistance d'un avocat spécialisé en droit routier est vivement recommandée si vous souhaitez contester.

Que se passe-t-il au tribunal correctionnel ?

Après la suspension administrative, vous serez convoqué devant le tribunal correctionnel pour répondre du délit de conduite sous l'emprise de stupéfiants. Le délai entre le contrôle et l'audience varie généralement de 3 à 12 mois selon les juridictions.

Lors de l'audience, le juge peut prononcer les peines principales (amende, emprisonnement avec ou sans sursis) ainsi que des peines complémentaires : suspension judiciaire du permis, annulation avec interdiction de repasser, obligation de suivre un stage de sensibilisation, ou pose d'un éthylotest antidémarrage dans certains cas.

La durée de la suspension administrative déjà effectuée s'impute sur la suspension judiciaire prononcée par le juge : les deux périodes ne s'additionnent pas.

Où passer votre test psychotechnique ?

Des centres agréés sont disponibles dans toute la France. Vous pouvez réserver votre créneau en ligne dans les principales villes : Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Lille et Nice.

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