Vous avez été flashé, verbalisé ou votre permis a été retenu parce que vous teniez votre téléphone en main au volant ? Entre l'amende, le retrait de points et une possible suspension, les règles ont évolué ces dernières années et varient désormais selon votre département. Voici ce qu'il faut savoir et les démarches pour récupérer votre permis.
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Téléphone au volant : un danger sous-estimé
L'inattention, dont l'usage du téléphone est l'une des principales causes, est impliquée dans 24 % des accidents mortels sur la route, selon le ministère de l'Intérieur. Plus de 80 % des conducteurs reconnaissent utiliser leur téléphone en conduisant, alors que l'Organisation mondiale de la santé estime que cet usage réduit la capacité de traitement de l'information de 30 à 50 % et multiplie par 4 le risque d'accident.
Sur le terrain, les contrôles ne faiblissent pas : en 2023, plus de 612 000 contraventions ont été dressées pour usage du téléphone ou distraction au volant, dont environ 555 000 pour le seul usage tenu en main. Cette infraction reste ainsi l'une des plus verbalisées en France — et l'une des plus lourdes de conséquences en cas de cumul avec une autre infraction.
Téléphone au volant : ce que dit la loi
L'article R. 412-6-1 du code de la route interdit de tenir en main tout appareil permettant d'émettre ou de recevoir des communications en conduisant. L'interdiction s'applique aussi aux oreillettes, casques audio et écouteurs depuis 2015 — seul un dispositif mains libres fixé au véhicule est toléré.
L'usage du téléphone tenu en main est une contravention de 4e classe, sanctionnée par une amende forfaitaire de 135 €, réduite à 90 € en cas de paiement rapide et majorée à 375 € au-delà de 45 jours, ainsi qu'un retrait de 3 points sur le permis.
À noter : l'interdiction s'applique même à l'arrêt à un feu rouge ou dans les embouteillages. Elle ne cesse que si le moteur est coupé et le véhicule stationné.
Dans quels cas le permis peut-il être retenu immédiatement ?
Depuis un décret du 18 mai 2020, les forces de l'ordre peuvent retenir immédiatement votre permis si l'usage du téléphone en main est constaté en même temps qu'une autre infraction, par exemple :
un excès de vitesse
un feu rouge grillé
le non-respect des distances de sécurité
un oubli de clignotant
un dépassement dangereux
un franchissement de ligne continue
un défaut de priorité
Bon à savoir : un simple flash radar ne peut pas, à lui seul, déclencher une rétention de permis pour usage du téléphone — il faut une interception par les forces de l'ordre.

Suspension du permis : quelle durée ?
Après la rétention, le préfet peut prononcer une suspension administrative du permis pouvant aller jusqu'à 6 mois. Cette durée peut être portée à 1 an si l'infraction s'accompagne d'un accident corporel, d'une alcoolémie positive ou de la présence de stupéfiants.
Nouveauté : la suspension pour le seul usage du téléphone
Depuis 2026, plusieurs préfectures expérimentent une règle plus stricte : la suspension du permis pour le seul usage du téléphone au volant, même sans autre infraction associée. C'est le cas notamment dans les Landes, le Lot-et-Garonne, le Pas-de-Calais et, depuis le 1er mai 2026, en Charente-Maritime, ainsi que dans d'autres départements comme l'Indre-et-Loire, la Drôme, l'Ardèche ou l'Eure-et-Loir.
Les durées varient selon l'arrêté préfectoral local : généralement de 15 jours à 6 mois, parfois 1 mois (2 mois en cas de récidive ou de permis probatoire) selon les départements. Cette mesure n'est pour l'instant pas généralisée à toute la France : elle dépend de l'arrêté pris par votre préfecture. Renseignez-vous auprès de la vôtre pour connaître la règle applicable dans votre département.
Le test psychotechnique est-il obligatoire ?
Cela dépend uniquement de la durée de la suspension notifiée par la préfecture. La règle est la même que pour toute suspension de permis : le test psychotechnique et la visite médicale ne sont obligatoires que si la suspension est égale ou supérieure à 6 mois.
Dans la grande majorité des cas de suspension pour téléphone au volant (15 jours à quelques mois), aucun test n'est requis : vous récupérez votre permis automatiquement à l'issue de la période fixée. Ce n'est que si votre suspension atteint 6 mois — notamment en cas de cumul avec une infraction grave, un accident corporel ou une alcoolémie ou des stupéfiants associés — que le test psychotechnique devient une étape obligatoire avant de récupérer votre droit de conduire.
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Pour tout comprendre sur son déroulement, consultez notre guide complet sur le test psychotechnique du permis.
Comment récupérer son permis après une suspension pour téléphone au volant ?
Suspension de moins de 6 mois : il vous suffit d'attendre la fin de la période fixée par l'arrêté préfectoral. Le permis est restitué sans démarche médicale particulière — conservez toutefois le récépissé remis lors de la rétention, il vous sera parfois demandé pour la restitution.
Suspension de 6 mois ou plus : vous devez passer le test psychotechnique puis la visite médicale avant de pouvoir récupérer votre permis. Consultez notre article sur la visite médicale du permis de conduire pour connaître le déroulement de cette étape. Une fois l'avis favorable obtenu, présentez-le à la préfecture pour la restitution de votre titre. Pas besoin de repasser le code ni la conduite dans le cas d'une simple suspension.
Peut-on conduire pendant la suspension ?
Non. Conduire pendant une suspension de permis, même pour un simple usage du téléphone à l'origine de la mesure, constitue le délit de conduite malgré suspension : jusqu'à 2 ans d'emprisonnement et 4 500 € d'amende, avec confiscation possible du véhicule. Pour en savoir plus sur les risques encourus, consultez notre article sur la conduite pendant une suspension de permis.
Peut-on contester la suspension ?
Oui. L'amende peut être contestée dans les 45 jours suivant sa notification. La suspension administrative prononcée par le préfet peut, elle, être contestée devant le tribunal administratif dans un délai de 2 mois à compter de la notification, et une demande de référé-suspension permet, en cas d'urgence, de solliciter la suspension de la mesure avant que le tribunal ne statue sur le fond. Le recours ne suspend pas automatiquement la mesure : vous restez interdit de conduire pendant la procédure, sauf décision contraire du juge des référés. L'accompagnement d'un avocat spécialisé en droit routier est recommandé si vous souhaitez contester.

Quel impact sur votre assurance auto ?
Une infraction pour usage du téléphone au volant doit être déclarée à votre assureur dans les 15 jours, surtout si elle s'accompagne d'une suspension de permis : la plupart des contrats l'exigent au titre de l'aggravation du risque. Conséquence fréquente : une majoration de la prime lors du renouvellement, parfois assortie d'une franchise majorée en cas de sinistre responsable dans les mois qui suivent.
En cas de suspension prolongée ou de récidive, l'assureur peut aussi choisir de résilier le contrat à l'échéance. Et si vous prenez le volant pendant votre période de suspension sans le déclarer, un accident responsable expose à un refus de garantie, voire à un recours de l'assureur pour récupérer les sommes versées à la victime.
Chauffeurs professionnels et livreurs : une vigilance renforcée
Pour un chauffeur VTC, un livreur ou un professionnel de la route, une suspension de permis pour téléphone au volant a des conséquences immédiates : la plupart des plateformes suspendent l'accès au compte dès que le permis n'est plus valide, et l'arrêt d'activité peut durer aussi longtemps que la suspension elle-même.
Si vous êtes encore en permis probatoire, la vigilance doit être maximale : le capital de points est plus faible (6 points au lieu de 12), ce qui rend l'invalidation pour solde nul beaucoup plus rapide en cas de nouvelles infractions cumulées avec celle-ci.
Questions fréquentes
Les oreillettes et kits Bluetooth sont-ils autorisés ?
Non. Depuis 2015, le port d'une oreillette ou d'un casque audio, même en mode mains libres, est interdit au volant, qu'il serve à téléphoner ou à écouter de la musique. Seul le système audio intégré au véhicule (haut-parleurs, micro au volant ou au rétroviseur) reste autorisé.
Puis-je utiliser le GPS de mon téléphone en conduisant ?
Oui, à condition qu'il soit fixé sur un support et que l'itinéraire soit réglé avant de démarrer. Le manipuler — taper une adresse, faire défiler l'écran — en conduisant reste sanctionné au même titre que téléphoner en main.
Le contrôle peut-il se faire par vidéoverbalisation ?
Oui. Plusieurs villes et préfectures ont recours à la vidéoverbalisation pour constater l'usage du téléphone au volant, en complément des contrôles réalisés directement par les forces de l'ordre.
Puis-je contester si je n'étais pas au volant au moment du contrôle ?
Oui. Si vous n'étiez pas le conducteur — notamment en cas de vidéoverbalisation, où l'identification peut être incertaine — vous pouvez contester l'infraction dans les 45 jours en désignant le conducteur réel ou en apportant des éléments de preuve.
Récupérer les points perdus
Les 3 points retirés pour usage du téléphone au volant sont récupérés automatiquement après 3 ans sans nouvelle infraction entraînant un retrait de points. Vous pouvez aussi accélérer cette récupération en suivant un stage de sensibilisation à la sécurité routière, qui permet de récupérer jusqu'à 4 points, dans la limite d'un stage par an.
Où passer votre test psychotechnique ?
Si votre suspension atteint 6 mois, des centres agréés sont disponibles dans toute la France. Vous pouvez réserver votre créneau en ligne dans les principales villes : Paris, Lyon, Marseille, Toulouse, Lille et Nice.
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